Monthly Archives: May 2013

ANACR / Résistantialisme : vers “une Journée nationale” pour les assassins

L’ANACR, prurit du parti des assassins (PCF) embrigade les masses avec l’appui du gouvernement français :

http://www.letelegramme.fr/local/cotes-d-armor/lannion-paimpol/ville/anacr-vers-une-journee-de-la-resistance-le-27-mai-22-01-2013-1978887.php

L’Association nationale des amis et anciens combattants de la Résistance (Anacr), qui milite pour l’instauration d’une Journée nationale de la Résistance, est en passe d’obtenir gain de cause. Le Bégarrois Pierre Martin, coprésident national de l’association, a annoncé, dimanche, à l’assemblée générale du comité lannionnais qu’après une rencontre avec le ministre Kader Arif, un projet de loi serait déposé pour fixer cette journée au 27 mai, date anniversaire de la création du Conseil national de la Résistance en 1943.

Rappel du Réseau JORD Kadoudal :

Circulaire du 16 octobre 1943 adressée d’ALGER par le Secrétariat Général des Mouvements Unis de Résistance (M.U.R) aux Comités Départementaux de Libération (extraits):

“Le jour J sera la crise décisive qui doit amener non seulement la libération du territoire ,mais encore et surtout la disparition et le châtiment du régime de Vichy et de ses complices.

L’insurrection à pour but de garantir l’élimination, en quelques heures de tous les fonctionnaires d’autorité, de garantir en quelques heures la répression de la trahison conformément aux légitimes aspirations de représailles des militants de la Résistance.

Pendant la période insurrectionnelle,les comités disposeront d’une véritable délégation, au nom du Peuple Français et du Comité National de Libération, et de la souveraineté de l’Etat.

Ils prendront les mesures révolutionnaires de répression de la trahison. Même si les conditions étaient telles que, par l’écroulement spontané du gouvernement de Vichy, la transmission des pouvoirs au Comité National de Libération puisse se faire sans violence, il serait outrageant pour le peuple français d’imaginer l’absence de tout soulèvement de masse armé d’une juste volonté de vengeance.

Jamais de mots d’ordre de modération ne devront être donnés.

L’insurrection triomphante doit s’occuper d’abord de l’élimination des éléments hostiles.

Ils doivent être immédiatement arrêtés ou abattus en cas de résistance. ( en ce qui concerne ) les fonctionnaires d’autorité vichyssoise, des collaborateurs notoires (…) le plan d’insurrection doit comporter une liste complète de ces individus, avec adresse personnelle, bureau, propriété à la campagne en cas de fuite.

Tous les journaux, à des degrés plus ou moins nets, ont trahi : empêcher leur parution est une œuvre de salubrité publique. Il faut prévoir l’occupation des imprimeries.

Toute la période précédant l’insurrection devra être marquée par une intensification progressive des exécutions de traîtres.

La question se pose de savoir s’il est souhaitable que l’insurrection triomphante soit marquée par des exécutions sans jugement. Les avis sont partagés. Dès maintenant, dans chaque département, on dressera une liste des traîtres les plus notoires dont l’exécution sommaire sera considérée par toute la population comme un acte de justice. Ces listes, avec exposé des motifs, seront adressées par l’intermédiaire des Régions aux Centres respectifs pour accord. Après accord, les incriminés seront immédiatement exécutés.”

La FNACA telle qu’en elle-même

La FNACA (Fédération Nationale des Anciens Combattants en Algérie, Maroc et Tunisie) est dirigée par un bureau composé exclusivement de militant communistes, ceci à l’insu des centaines de milliers de vétérans des guerres d’Afrique du Nord qui ignorent être dirigés par ceux qui les faisaient tuer en appuyant massivement le FLN.

Sa publication mensuelle, “L’ancien d’Algérie” se trouve donc être financée par les adhérents mais réalisée par les soins du PCF. Et l’on voit que le numéro de mai 2013 prend le soin particulier de diffuser la propagande communiste chez les vétérans :

Une

224 ans après, la révolution française n’est pas finie

Citation tirée de l’ouvrage de Vincent Peillon, La Révolution française n’est pas terminée (Seuil, 2008) :

« La révolution française est l’irruption dans le temps de quelque chose qui n’appartient pas au temps, c’est un commencement absolu, c’est la présence et l’incarnation d’un sens, d’une régénération et d’une expiation du peuple français. 1789, l’année sans pareille, est celle de l’engendrement par un brusque saut de l’histoire d’un homme nouveau. La révolution est un événement méta-historique, c’est-à-dire un événement religieux. La révolution implique l’oubli total de ce qui précède la révolution. Et donc l’école a un rôle fondamental, puisque l’école doit dépouiller l’enfant de toutes ses attaches pré-républicaines pour l’élever jusqu’à devenir citoyen. Et c’est bien une nouvelle naissance, une transsubstantiation qui opère dans l’école et par l’école, cette nouvelle église avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la loi. »

Monsieur le Ministre Vincent Peillon semble – à raison – ne pas totalement souscrire à cette volonté d’oublier “toutes ses attaches pré-républicaines” puisque la presse nous apprend ceci :

« En 2009, il avait célébré la Bar-Mitsva de son fils Elie à la synagogue de la Place des Vosges à Paris. Pour la circonstance, Vincent Peillon, qui a épousé en seconde noces la journaliste Nathalie Bensahel, avait mis les tefillins et était monté à la Torah.»

Katyn

Katyn : requiem pour un massacre

Thursday 16 April 2009 | Politique and Histoire and Culture and In Memoriam | Email | Print
Katyn, le dernier film d’Andrzej Wajda que la critique libre considère déjà comme l’œuvre majeure du cinéaste polonais Andrzej Wajda, est actuellement visible dans une dizaine de salles en tout et pour tout. Une censure scandaleuse qui démontre qu’en matière culturelle et idéologique, le Mur de Berlin est encore bien debout. L’hebdomadaire Rivarol de cette semaine a publié un excellent article de Patrick LAURENT sur ce film qui retrace le massacre de milliers d’officiers polonais exécutés d’une balle dans la nuque en avril 1940. Un massacre attribué – comme d’autres – par le Tribunal de Nuremberg à l’Allemagne, laquelle en porta pendant des décennies la responsabilité jusqu’à ce qu’en 1990 le Numéro 1 soviétique Mikhaïl Gorbatchev reconnaisse officiellement que ces prisonniers de guerre avaient été fusillés par les services spéciaux du NKVD (l’ancêtre du KGB), au grand dam d’une bonne partie de la gauche ouest-européenne. A lire également sur le même sujet la réplique d’Adam Michnik, ancien cofondateur de Solidarnosc, rédacteur en chef du quotidien Gazeta Wyborcza, à l’assassinat du film par le critique du Monde, le 1er avril. Et à (re)découvrir sur l’objectivité du « quotidien de référence » : Le Monde tel qu’il est de Michel Legris.

Katyn : requiem pour un massacre

Dans le domaine du 7e art aussi, il persiste une inégalité flagrante de traitement quand il s’agit d’évoquer les atrocités perpétrées par les deux grands régimes totalitaires du XXe siècle. D’un côté Devoir de Mémoire obligatoire et assourdissant avec flopée de films à l’appui, de l’autre silence gêné et rareté extrême des dénonciations du bolchevisme, « l’hypermnésie du nazisme détournant l’attention de l’amnésie du communisme » selon la belle formule d’Alain Besançon dans son ouvrage Le Malheur du siècle (Fayard). Il y a encore du chemin à faire pour parvenir à la véritable révolution culturelle que constituerait le fait de placer au même niveau d’exécration l’hitlérisme et le stalinisme. Mais il semble que l’on y parvienne tout doucement grâce aux travaux d’historiens non conformistes (entre autres Le Livre Noir du Communisme, sous la direction de Stéphane Courtois) et à des cinéastes intrépides de la trempe du Polonais Andrzej Wajda, 83 ans, dont le 35e long métrage, Katyn, est enfin distribué sur nos écrans après avoir été programmé voici quelques mois en catimini sur une chaîne cinéma de Canal+. Une sortie tardive (et sans doute éphémère) dans un circuit de salles scandaleusement restreint, une quinzaine seulement pour toute la France, qui démontre une fois de plus que s’attaquer directement aux horreurs du communisme reste aujourd’hui encore sujet sensible dans notre beau pays sous influence de la loi du communiste Gayssot pénalisant toute ébauche de discussion des seuls crimes nazis.

La plupart des grands films de Wajda (Ils aimaient la vie, Cendres et Diamants, La dernière charge, L’homme de marbre, L’Homme de fer, pour ne citer que ces cinq-là) ont mis en perspective avec courage et lucidité l’histoire de la Pologne depuis le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale jusqu’à la création de Solidarnosc. Il était donc l’homme de la situation pour aborder enfin l’une des pages les plus terribles de l’histoire de son pays, la tragédie de Katyn, ce petit village perdu dans les bois près de Smolensk en Ukraine où son père Jakub fut l’un des milliers d’officiers polonais assassinés sauvagement par les bolcheviks en avril 1940 sur ordre du Politburo qui voulait ainsi éliminer les nationalistes et autres contre-révolutionnaires susceptible de résister à la Pax sovietica après le dépeçage de la Pologne mis en œuvre par le “pacte d’amitié et d’assistance” germano-soviétique.

La première de Katyn à Varsovie a eu lieu le 17 septembre 2007, une date ô combien symbolique choisie par Wajda puisque c’est ce même jour, en 1939, que l’Armée Rouge pénétra dans l’est de la Pologne, envahie à l’ouest depuis le 1er septembre par la Wehrmacht. Une situation désespérée synthétisée d’admirable façon dès la superbe ouverture du film où, sur un pont enjambant la Vistule, se heurtent, dans un pandémonium indescriptible, les colonnes de réfugiés fuyant qui les Allemands, qui les Rouges. Au milieu du chaos, Anna et sa petite fille à la recherche de leur époux et père Andrzej, capitaine d’un régiment de Uhlans qui va être fait prisonnier par les Soviétiques avec ses hommes qu’il n’a pas voulu abandonner pour rejoindre Anna.

Wajda ne concentre pas son récit uniquement sur ces deux protagonistes principaux, inspirés de ses propres parents, il l’entrelace avec les destinées d’autres Polonais aux prises avec les forces du mal et leurs moyens personnels d’y résister ou de s’y soumettre pendant la guerre et après dans la servitude implacable du régime communiste à la solde de Moscou. Parmi les caractères les plus intéressants et représentatifs, il y a notamment le père d’Andrzej, vénérable professeur raflé avec ses collègues par les nazis à l’université de Cracovie et qui disparaîtra sans laisser de traces, un général prisonnier lui aussi des Russes et sa femme au caractère indomptable, Jerzy, l’aide de camp du capitaine survivant du massacre qui collaborera avec les criminels en endossant l’uniforme du sinistre NKVD, Agnieszka, une jeune fille qui défie les autorités en voulant inscrire sur la pierre tombale de son frère « Mort à Katyn en 1940 », ce qui est strictement interdit par la propagande mensongère officielle soviétique qui, soutenue par les alliés anglais et américains lors du procès de Nuremberg, a fabriqué la responsabilité des seuls nazis dans la boucherie de Katyn. Il y a aussi Irena qui va entrer au parti communiste en désespoir de cause car pour elle il n’y aura jamais de Pologne libre, Tadeusz qui refuse d’enlever de sa demande d’inscription à l’académie des Beaux-Arts la mention « père assassiné à Katyn par les Soviétiques », etc. Wajda passe de l’une à l’autre de ces intrigues comme pour mieux faire ressentir aux spectateurs l’ampleur du traumatisme et des souffrances vécues dans leur chair et dans leur âme par les familles des martyrs et l’ensemble du peuple polonais contraint de vivre avec cette ignominie mensongère alors que tous savaient ce qui s’était réellement passé, jusqu’à ce que Gorbatchev admette enfin officiellement la vérité en 1990.

Wajda évoque une première fois les massacres de la région de Katyn où périrent environ 25.000 militaires et membres de l’élite intellectuelle du pays par des bandes d’actualités de l’époque lors de la découverte des charniers du côté allemand d’abord, après l’invasion de l’URSS, puis du côté soviétique à la “libération” de la Pologne, chaque camp y allant alors de sa propagande. Il y revient en détail dans le dernier quart d’heure du film, un retour en arrière déclenché par la lecture du carnet de notes écrit durant sa captivité par le mari d’Anna. Cette séquence, quasi insoutenable mais d’une grande dignité et sans aucune complaisance dans le voyeurisme morbide, un des sommets de toute l’œuvre du grand cinéaste polonais, exprime avec une force bouleversante la barbarie et l’inhumanité de la soldatesque soviétique dans l’exécution des basses œuvres du Petit Père des Peuples. Wajda, qui a remporté avec Katyn un succès “historique” en Pologne, se défend cependant d’avoir réalisé son film contre les Russes. Il montre d’ailleurs dans le cours de l’histoire un officier soviétique bienveillant qui sauvera Anna et sa fille de la déportation au Goulag. On notera aussi qu’il ne fait aucune allusion aux Juifs et à la Shoah, ce qui risque de faire grincer les dents des enragés zélotes de la Mémoire, à l’exception de la très brève apparition d’une rescapée d’Auschwitz. Wajda ne se disperse pas : ici les victimes sont des catholiques polonais et le cinéaste ne se prive pas de mettre en évidence les symboles religieux de sa foi, la statue du Christ démembré au début et à la toute fin, le chapelet dans la main crispée du lieutenant enseveli encore vivant par les pelleteuses dans une des fosses communes.

Vous l’avez compris, Katyn est une œuvre essentielle aussi bien sur le plan de l’Histoire que sur celui du VIIe art. A ne pas manquer.

Patrick LAURENT
Article paru dans Rivarol n°2900, 10 avril 2009

Histoire de la Bretagne vue par les sans culottes

Les éditions Skol Vreizh viennent de faire paraître un ouvrage intitulé : « Dictionnaire d’Histoire de Bretagne » qui veut faire le point sur la recherche historique concernant la Bretagne en cette fin d’année 2008. Un ouvrage d’une telle nature ne peut à priori que réjouir ceux qui s’intéressent à l’histoire de la Bretagne. La déception est d’autant plus grande devant le parti-pris d’une part importante des articles, au point de créer un grand malaise chez le lecteur. L’ouvrage est dirigé par des universitaires brestois dont la vision de la Bretagne se coule dans celle de l’historiographie française traditionnelle. Cette vision hexagonale de la Bretagne, liée aussi aux contraintes de l’appartenance à l’université française, tout comme le choix de favoriser les rédacteurs à l’orientation idéologique affirmée, conduit trop souvent à un travail partisan et sans nuances avec même certains dérapages inacceptables. La ligne politique choisie par l’équipe directoriale ne doit pas pour autant empêcher de noter la qualité des articles de nombre de collaborateurs de talent qui ont participé à l’ouvrage en toute bonne foi.

Dans les domaines essentiels concernant l’histoire de la Bretagne : l’indépendance de la Bretagne avant les invasions françaises de 1487-1491 ; les conditions du rattachement de la Bretagne à la France ; l’existence d’une nation bretonne et l’identité bretonne ; la Bretagne et la Révolution française ; le mouvement breton contemporain –Emsav – ; la langue bretonne ; les articles reprennent les thèses françaises les moins ouvertes. L’indépendance de la Bretagne est niée, alors même que du Ve siècle au XVe siècle elle ne subit jamais aucune administration franque ou française, sauf de manière très ponctuelle, sous le prétexte que les souverains francs et français revendiquent sa domination. L’existence de l’identité, et donc de la nation bretonne, est ramenée à une invention des folkloristes du XIXe siècle alors que l’apparition des nations est très antérieure et que la Bretagne en remplit les critères avant même la France, ce que reconnaît la communauté historique européenne. L’invasion de la Bretagne par la France de 1488 à 1491 est présentée comme un non événement, tout comme le Traité de rattachement de 1532, et donnés comme acceptés par les Bretons alors que des milliers d’entre eux sont morts pour leur liberté et que le Traité a été imposé.

Les événements les plus récents reprennent aussi cette vision franco-française. La Révolution est montrée comme refusée par une population conservatrice face à une minorité éclairée de « Bleus » et l’action des terroristes jacobins excusée. Ses conséquences sont minorées et la Bretagne est même montrée comme marchant vers la modernité alors qu’après trois cents ans de présence française elle est passée de la situation d’un État prospère à la population respectée dans toute l’Europe à celle d’une région misérable à la population méprisée. Pour le 20è siècle, si les dérives de certains nationalistes bretons sont systématiquement mises en avant, rien, ou si peu, sur la politique de débretonnisation des autorités françaises et la volonté de destruction de l’identité bretonne ; rien sur la participation de l’administration française (gendarmerie, police, juges) à la lutte contre la Résistance et à l’arrestation des Juifs ; rien, ou si peu, sur la brutalité de la répression contre le mouvement breton après la Libération. Pour la langue bretonne, rien sur l’œuvre immense de Roparz Hemon mais des allusions grossières sur son action pendant la guerre. Par ailleurs la liste des partis pris est longue, de la volonté de minorer l’importance de certains souverains bretons aux tentatives de présenter les Bretons comme antisémites et cela de façon totalement antihistorique.

Par sa façon unilatérale de présenter l’histoire de la Bretagne, quasi-systématiquement d’un point de vue français, mis à part de rares exceptions ; par son refus de la simple présentation des idées bretonnes sur celle-ci, l’ouvrage pose de graves problèmes tant il apparaît idéologiquement marqué. Une telle présentation de leur Histoire dans d’autres nations sans État en Europe (Catalogne, Pays Basque, Écosse, Pays de Galles…) aurait été impossible. Au-delà d’une histoire falsifiée, se pose le problème du respect du Peuple breton, le problème d’une véritable démocratie où l’histoire ne serait plus un instrument idéologique visant d’abord à conditionner la population. Nous appelons de nos vœux à la rédaction d’une Histoire impartiale de la Bretagne. Nous souhaitons aussi la mise en place d’un enseignement de leur Histoire qui rende aux Bretons toute leur identité dans le cadre d’un système éducatif rénové et ouvert sur le monde.

Pour Bemdez, Gérard Guillemot.

Kevredigezh / Association Bemdez
Ti ar c’hevredigezhioù / Maison des associations
6 straed ar Govuerezh / 6 rue de la Tannerie
56 000 Gwened / Vannes – Breizh / Bretagne
– Tél : 06 11 51 43 15 ?

Saint Aubin du Cormier

LA BATAILLE DE SAINT AUBIN DU CORMIER,
commémorée le 28 juillet, va-t-elle être
consacrée JOUR DE DEUIL NATIONAL?
juillet 21st, 2008

LES NATIONS NE SE DECRETENT NI PAR LA LOI, NI PAR LA VIOLENCE.

Qu’est-ce qu’une Nation?

A force d’avoir vécu ensemble pendant des siècles sur le territoire qui est devenu le leur, d’avoir partagé les mêmes joies, et surtout les mêmes épreuves, d’avoir parlé une (ou plusieurs) langue(s) devenue(s) leur propriété commune, à force d’avoir admis et pratiqué les mêmes valeurs, les mêmes règles morales, le même code de conduite, les individus qui composent un peuple tissent ensemble ce lien mystérieux, affectif, moral et intellectuel, que l’on dénomme aujourd’hui LE SENTIMENT D’APPARTENANCE. ILS SONT un même peuple, une même NATION, comme une vaste famille, QUI NE S’IDENTIFIE QU’A ELLE MEME, qui est distincte des autres peuples, comme ceux-ci sont distincts d’elle, quoique tous fassent partie de la famille humaine, chacun admettant avec respect la spécificité des autres, tout autant que la leur.

Les peuples inclus de force en 1789 dans ce que l’on dénomme “la France”, et que l’on a tenté, par la manipulation mentale et les sanctions infligées à ceux qui n’étaient pas d’accord, de fondre dans une même entité, ne constituent pas “UNE” nation, mais un ensemble plurinational, tout comme la Grande Bretagne, l’Espagne, l’Allemagne, la Russie, la Chine, et de très nombreux autres pays dans le monde.

Ce que décrit Nicolas SARKOSY dans son discours d’Epinal sous le nom de “LA FRANCE”, n’est pas une nation, mais une ANTI – NATION. Affirmer que “en France, c’est l’Etat qui a fait la Nation”, est un non sens: dans l’actuel “hexagone”, les révolutionnaires de 1789, puis leurs successeurs ont TENTE de détruire les nations incluses dans le royaume capétien, mais ces nations existent encore. Certaines sont en train de refaire surface avec vigueur.

LES NATIONS N’ONT PAS DAVANTAGE BESOIN DE CONSECRATION OFFICIELLE – constitutionnelle, législative ou autre – pour être détentrices des symboles nationaux qu’elles se sont données à travers leur histoire.

En dépit des vicissitudes et de l’oppression subies depuis l’invasion de leur pays en 1488, les Bretons ont fait ressurgir ou ont recréé leurs symboles nationaux, par lesquels ils rétablissent leur unité et leur continuité par delà les siècles.

Les symboles et les valeurs symboliques de la Bretagne sont désormais presqu’au complet, par l’effet d’un consensus quasi spontané:

– Les couleurs traditionnelles: le blanc et le noir;

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– l’hymne national: le Bro goz va zadou ( vieux Pays de mes pères);

– le drapeau national: le gwen a du;

– la langue-symbole: le breton (même si le pays est bilingue, ce qui est considéré par la Bretagne comme un enrichissement, non comme un appauvrissement);

– le territoire, DANS SON INTEGRITE, incluant la région de Nantes, actuellement dénommée “Loire Atlantique”, nouvelle appellation de la “Loire Inférieure” (!).

DANS QUELQUE JOURS, va être commémoré le massacre perpétré par les armées françaises à Saint Aubin du Cormier, le 28 juillet 1488. Non par la presse bien pensante, mais par les Bretons venus spontanément, ou qui s’associeront par la pensée aux cérémonies commémoratives de cet évènement grave, qui marque l’asservissement d’un Pays libre depuis de nombreux siècles qui, par la vertu des moyens modernes de communication, accède maintenant à sa véritable histoire.

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LA BATAILLE DE SAINT AUBIN DU CORMIER, le plus grand désastre subi par le peuple breton

au cours de son histoire, doit être proclamée JOUR DE DEUIL NATIONAL.

Grâce aux travaux de quelques historiens de la nouvelle Ecole, fermement décidés à écrire l’histoire de la Bretagne telle qu’elle s’est déroulée, et non telle qu’elle a été réécrite sous influence ou par idéologie, beaucoup de chemin a été parcouru ces dernières années.

Depuis l’invention d’ Internet, nul n’est en mesure, désormais, de faire obstacle à la révélation, sur une grande échelle, de ce qui s’est passé en Bretagne, à partir du jour ou, violant ses engagements solennels, la France a mis à exécution son projet, préparé depuis des années, de faire déferler ses armées sur notre territoire, détruisant villes, forteresses, remparts, anéantissant notre armée nationale à Saint Aubin du Cormier, le 28 juillet 1488, laissant sur le terrain, dans un carnage sans précédent dans notre histoire, plus de 6000 victimes innocentes, dont plusieurs centaines appartenant aux troupes de nos alliés, venus nous secourir contre cette invasion condamnée par toute l’Europe.

La prise de conscience par les Bretons de leur Identité, néantisée par les persécutions mises en oeuvre à partir de 1789, et par l’interdiction d’enseigner Notre histoire dans Nos écoles, s’est singulièrement accélérée. Les idéaux affichés par l’Europe, l’imposition par celle-ci d’un code éthique visant à rendre aux peuples qui la composent leur Dignité, en reconnaissant leur droit à l’existence, leur droit de transmettre leur culture et leur langue à leurs enfants, ont fait renaître à l’encontre de la France, une rancoeur extrêmement forte.

La vérité étant connue, il est devenu impossible de soutenir que la Bretagne a été “réunie” à la
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France par une Convention librement discutée et signée. Le prétendu traité de 1532 était une mascarade, comme le furent les “Traités de protectorat” imposés au Maroc et à la Tunisie, et tant d’autres pays: les canons dans le dos, les armées de l’envahisseur à proximité. Il est devenu impossible de dissimuler le massacre de notre langue, de notre culture, de nos traditions, et les moyens mis en oeuvre par ceux qui ont commis ces crimes. Il est devenu impossible de nier que la Nation et la langue bretonnes ont une très grande antériorité par rapport au sentiment d’appartenance et à la langue, très tardifs, du pays colonisateur.

La Bretagne aura un jour sa propre Constitution, comme tous les pays qui ont, au cours des dernières générations, particulièrement des dernières décennies, ressurgi du néant, alors qu’ils avaient disparu de la carte internationale par la volonté de ceux qui les avaient conquis et annexés: l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, l’Irlande, la Slovaquie, la Tchéquie, la Slovénie, la Croatie…., ou comme les vieilles Nations jadis annexées, aujourd’hui en possession de Statuts garantissant leurs Droits fondamentaux, comme l’exige la morale internationale ( l’Ecosse, la Catalogne, entre autres).

Les Bretons sont désormais en possession d’un hymne national, d’un drapeau national, leur sentiment d’appartenance et d’Identité est d’une force peu commune; il ont une fête – la Saint Yves – qu’il faut qualifier de nationale. Pour cela, ils n’ont demandé d’autorisation à personne, ce qui eut d’ailleurs été INDECENT.

Il convient maintenant, dès le 28 juillet prochain, dans la presse, dans les sites et blogs, avant tout sur les lieux mêmes ou ont été massacrées en 1488 par les armées ennemies plus de 6000 victimes innocentes, que le jour anniversaire de ce massacre soit célébré comme journée de deuil national.

L’occasion nous est offerte, toutes obédiences politiques confondues, de nous associer à ce grand dessein, qui ne peut qu’être hautement bénéfique et unificateur.

(Texte rédigé par le Comité pour la Commémoration de la bataille de Saint Aubin du Cormier comme Journée de Deuil National).

Via Le Blog de Louis Melennec

Bretagne

Publié le 15/07/08 par l’Agence Bretagne Presse (ABP)
Source : Histoire et Identité
Porte parole: Louis Melennec

1488, Annus horribilis ou l’année où la Bretagne a été envahie et conquise

L’année 1488 restera à jamais l’année horrible de l’histoire de la Bretagne. Cette année-là, par le fait de l’invasion militaire française, et de la guerre injuste faite par la France à notre pays, la Bretagne perd son Honneur, sa Liberté, sa Dignité.

Pour ce Pays prospère, respecté, puissant, c’est le début d’un lent déclin, qui se poursuit aujourd’hui, et que l’Europe, et les progrès du droit international, doivent permettre aux Bretons de mettre un terme, si toutefois ils sortent de l’attitude servile qui a été la leur pendant plusieurs siècles, et si enfin leurs élites se donnent les moyens, de faire cesser l’humiliation qui nous a été infligée par nos voisins.

Le misérable débat, minable en tous points, qui s’est déroulé devant le Parlement des Français – durant lequel, un certain nombre de Bretons se sont déshonorés – nous oblige à aller plus loin dans notre démarche.

Les fautes graves finissent par être connues. L’histoire de l’invasion militaire et de l’asservissement de la Bretagne par la France a maintes fois été écrite, d’une manière d’ailleurs excellente. Je n’ai donc aucun révélation à apporter sur les faits eux-mêmes.

Mais j’en ai une à faire, des plus intéressantes, dans le contexte de soumission dans lequel se sont complus les historiens officiels, tant Français (ceux-là, on est porté à les excuser : il est compréhensible que leur interprétation des événements soit en faveur de leur pays), que Bretons, qui ont courbé l’échine,ce que certains continuent à faire, ce qui n’est pas pardonnable.

La guerre de 1488 comme celle de 1491 sont des guerres d’invasion, des guerres injustes, visant à s’emparer de l’une des principautés les plus riches de l’Europe, de “la plus belle Duché de la Chrétienté” comme la désignent les chroniqueurs de l’époque, d’une manière unanime, d’un État strictement indépendant, jouissant, tant au plan international qu’au au plan interne, de tous les attributs de la Souveraineté, en aucun cas d’un “vassal” rebelle que l’on peut mettre au pas, ce qui a été la version “officielle” jusqu’à ces dernières années.

J’ai souligné, il y a peu, ayant remis en place maintenant les principaux jalons de notre histoire nationale, que je m’efforcerai de citer les sources beaucoup plus souvent. Maintenant qu’il est à peu près généralement admis et reconnu que le prétendu “Traité ” de 1532, était un très grossier artifice pseudo-juridique [ABP 3305] et [ABP 2755], que la Nation bretonne est infiniment plus antique que la Nation française [ABP 10338], que notre langue est noble et vénérable, que tous savent que la langue française n’est rien d’autre qu’un patois qui a mieux réussi que les autres (quelle gifle, mes amis ! ! ! !), il est question de citer les références précises des faits que je relate, et surtout de citer les textes, préalablement traduits en français moderne, auxquels je me réfère.

Il est vrai – comme j’ai pu le lire récemment – que ma démarche personnelle est celle des Bretons d’aujourd’hui : elle entre dans le cadre d’un projet politique : la réappropriation par la Bretagne de sa Dignité et de sa Liberté, dans le cadre strict et rigoureux du Droit international et des principes généraux du droit. Mais, s’agissant de mes recherches historiques, elles sont le fait d’un universitaire particulièrement rigoureux, qui ne se permet pas la moindre inexactitude, sachant qu’une telle manière de procéder, même limitée à quelques détails, détruirait La totalité de l’édifice.

Quoiqu’ayant pour le Peuple français le plus grand respect et la plus grande amitié, je ne ferai, quant à la vérité, aucune sorte de concession à la France. Il est indigne de tricher avec la vérité, surtout lorsque cette attitude a pour but de ménager ses pauvres intérêts personnels : je n’ai aucun intérêt personnel à défendre, je pense que cela est admis.

La sale guerre de 1488

La présente chronique, volontairement brève, n’a nullement pour but de réécrire l’affrontement sanglant de la Bretagne et de la France en 1488. J’ai observé, dans les différents articles et chroniques que j’ai publiés, qu’il y a, spécialement chez les jeunes Bretons, une sorte “d’appétence”- bien davantage même : une violente aspiration, une sorte de fureur – à connaître la vérité, qui leur a été cachée jusqu’à présent. La chape de plomb a été si solidement maintenue sur le pays depuis son annexion que plus de huit Bretons sur dix ignorent que la Bretagne a été annexée, et qu’elle n’a été “conjointe” à la France que par la force, la violence, le mensonge, la destruction de sa culture, le conditionnement mental (que beaucoup d’auteurs désignent maintenant sous sa véritable appellation:le lavage des cerveaux.

De même, la séparation “administrative” de la Bretagne est considérée – à l’égal du mur de Berlin, abattu en 1989 – comme « le mur de la honte » dressé par le maréchal Pétain en 1941. Il faut maintenant le briser avec fermeté comme étant le symbole de notre servitude, et des intentions maléfiques de la France qui s’acharne à vouloir maintenir cette partition, croyant qu’elle deviendra définitive, à son bénéfice.

Pour qui souhaite connaître la vérité sur ce qu’on peut appeler « une sale histoire », il n’est que de se reporter aux excellents ouvrages qui ont été écrits sur la matière. Citons les principaux :

— Morice, dom Hyacinthe : « Mémoires pour servir de preuves à l’histoire ecclésiastique et civile de Bretagne », Paris, 1746, tome III.
Une masse impressionnante de documents, recopiés dans les archives et imprimés. C’est l’ouvrage de base indispensable, quoique des documents précieux aient été découverts depuis son impression.

— Pélicier Paul : « Essai sur le gouvernement de la dame de Beaujeu, 1483-1491 », Chartres, 1882 ; Genève, réédition, 1970, 315 pages).
Remarquablement documenté, probablement la meilleure étude publiée sur le sujet.

— « Correspondance de Charles VIII et de ses conseillers avec Louis II de la Trémoille, pendant la guerre de Bretagne de 1488 », Genève, Mégariotis Reprints, 1978, réimpression de l’édition de Paris de 1875, 284 pages.
Cet ensemble précieux de lettres permet de suivre la guerre d’invasion presqu’au jour le jour, et fournit des clés indispensables pour en comprendre le but – la conquête – et la duplicité des Français, qui tentent de justifier la guerre par une agression du Duc contre la France, lui qui ne fait que se défendre.

— Alain Bouchard :« Grandes croniques de Bretaigne », réédition de Nantes, 1886.
Ce témoignage d’un contemporain des faits, historien scrupuleux, qui a eu accès aux archives ducales à la demande d’Anne de Bretagne, est plus que précieux, malgré l’absence totale de “preuves” : il ne reproduit que très peu de documents authentiques. Juriste, Bouchard fournit des renseignements indispensables (pour qui sait les comprendre), sur la nature des relations de la Bretagne et de la France : deux puissances souveraines, dont l’une, puissante, tente depuis des siècles d’assujettir l’autre, et finit par y parvenir.

— Arthur Le Moyne de La Borderie : « Histoire de Bretagne », tome 4, Rennes, 1906 ; Spézet, réédition de 1998.
Le meilleur ouvrage sur l’histoire de la période, malgré ses insuffisances, et les découvertes fondamentales effectuées depuis sa parution.

— Yvonne Labande-Mailfert : « Charles VIII », Paris, Fayard, 1986.
Magistral.

— Yvonne Labande-Mailfert : « Le mariage d’Anne de Bretagne avec Charles VIII, vu par Érasme Brasca », in Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne, tome LV, 1978, pages 17 à 42.
Étude magistrale, strictement indispensable.

— Jean Kerhervé : « L’État breton », 2 volumes, Paris, éditions Maloine, 1987.
Étude très fouillée sur les institutions et sur les ressources financières du Duché souverain au XVe siècle. Les finances bretonnes sont celles d’un État moderne, en aucun cas d’une Principauté arriérée. Cet ouvrage confirme la prospérité financière du Duché, et le savoir-faire des hommes de finances bretons. Sur ce terrain, la légende d’un pays prétendument en retard vole en éclats.

— Dominique Le Page et Michel Nassiet : « L’Union de la Bretagne et de la France », Morlaix, 2003.
Ouvrage excellent, parfaitement documenté au plan historique. Malheureusement les auteurs, n’étant pas juristes, commettent plusieurs erreurs dans l’interprétation juridique des textes.

— Dominique Le Page : « Finances et politique en Bretagne au début des temps modernes, 1491-1547 », Paris, 1997.
Étude très fouillée sur les “mécanismes” de “l’intégration” machiavélique (en fait, la digestion, la phagocytose) du Duché souverain par le royaume de France. On regrette que l’élimination systématique des héritiers légitimes de la Couronne de Bretagne – Renée de France entre autres – n’ait pas été traitée avec davantage de détails. Il est vrai que ce n’est pas le but de l’ouvrage. Cette étude fait partie de mes notes manuscrites ; j’ignore si elles seront ou non publiées.

— Pocquet du Haut-Jussé (B.-A.) : « François II, duc de Bretagne et l’Angleterre », Paris, 1920.
Indispensable, mais confus, sans lignes directrices claires.

— Chombart de Lauwe, « Anne de Beaujeu », Taillandier, Paris, 1980. Excellent.

Ayant constaté que ce sont les documents authentiques, traduits en français moderne – pour les rendre compréhensibles – qui suscitent le plus d’intérêt chez les jeunes Bretons, comme étant des preuves irréfutables, ou peu s’en faut, susceptibles de donner une assise solide à leur recherche d’identité, je m’efforcerai désormais d’en citer de plus nombreux, et de tenter de constituer une sorte d’anthologie, ce qui aura le mérite, par ailleurs, d’empêcher ceux que je nomme les “Hystoriens” de la Bretagne, de falsifier l’interprétation des faits plus avant. (Je pense, notamment, à une « biographie » d’ Anne de Bretagne, récemment rééditée, pamphlet virulent et truffé d’âneries quant à la véritable personnalité de la duchesse, ouvrage qu’on aurait honte d’avoir écrit). A la lecture de ces références et de ces documents, l’envie leur viendra d’en savoir plus, afin de se reconstruire, et de reconstruire le pays sur des bases saines, entreprise difficile dont ils ont entièrement la charge désormais, et que personne ne pourra faire à leur place.

Le crime de préméditation.

L’invasion de la Bretagne par la France en 1498 a été préméditée, et a été programmée plusieurs années avant qu’elle n’intervienne, bien avant la fuite des nobles français de haut rang qui ont demandé asile au duc François II, père d’Anne de Bretagne. L’asile accordé à ces Hauts personnages n’a jamais été la « cause » de l’invasion de la Bretagne, mais a constitué « LE » prétexte que la France attendait depuis longtemps.

On connait la thèse “officielle”, celle qui fut imaginée par la France pour justifier une guerre, interdite par le droit international et les principes moraux de l’époque, et qui continue à être utilisée par certains ignorants – comme on a pu le lire récemment encore dans certains sites internet : en 1488, l’héritier du trône de France, Louis d’Orléans, cousin et beau-frère du roi régnant en France, pays limitrophe mais étranger (Charles VIII, fils de Louis XI, décédé en 1483), mari de la fille de Louis XI (Jeanne de France), ayant fui en Bretagne pour mettre sa vie à l’abri de sa belle sœur, la redoutable Anne de Beaujeu, “régente” du royaume, entrainant avec lui quelques autres seigneurs, le roi Charles VIII ne pouvait que les poursuivre et les extraire de force du Pays Souverain qui leur avait donné asile, en prétextant – fait ridicule – que ce pays était vassal du roi de France, désobéissait à ses “devoirs féodaux”, et que les quelques réfugiés, venus sans troupes et sans armée, mettaient le royaume en péril !

Cette thèse est strictement fausse. L’histoire des tentatives de conquête et d’asservissement de la principauté de Bretagne – les petites principautés d’abord, le royaume ensuite, le Duché enfin – est la substance même des relations de la Bretagne et des royaumes des Francs, puis de la France.

Il est difficile, dans cette longue histoire, d’identifier avec certitude une seule période où les deux Pays ont été unis par des liens d’amitié. Ils ont été alliés souvent, ils se sont détestés toujours, plus encore aujourd’hui, après la destruction quasi totale de la langue nationale des Bretons, de leur culture, les discriminations et des humiliations de toutes natures qu’ils ont subies, dont la dernière – aux conséquences incalculables – a consisté en la volonté affirmée de la France de néantiser la langue, par la volonté affichée d’empêcher, par des obstacles de toutes natures, de pérenniser son enseignement, alors même qu’il est devenu l’un des symboles les plus forts de l’Identité bretonne.

1 — Les Français mentent d’une façon grossière lorsqu’ils prétendent que l’invasion de la Bretagne, en 1488, est motivée par le fait que l’asile donné aux nobles français par le duc François II est la cause du déferlement des armées françaises sur la principauté.

Nous avons dit ailleurs que, contrairement à ce que croient beaucoup de lecteurs, il existe, au Moyen Âge, un droit international, en particulier, depuis longtemps, des conditions en principe rigoureuses pour qu’une guerre puisse être déclenchée. Toute guerre qui ne se conforme pas à ces principes est qualifiée d’« injuste ».

La théorie de la guerre juste

La théorie de la guerre juste (1) n’est pas – comme le croient certains – une théorie récente ou formalisée tardivement mais, au contraire, une idée très ancienne de l’humanité civilisée. Ce n’est, en aucun cas, un concept inventé par le pape Jean Paul II pour condamner les Bush père et fils d’avoir donné ordre aux armées américaines d’envahir l’Irak, en 1991 et en 2003, à seule fin de s’emparer des richesses pétrolières de ce pays, en violation manifeste du Droit international.

Sans vouloir en faire remonter l’origine au Code d’Hammourabi, qui condamne la violence exercée par le fort sur le faible (2), elle est déjà évoquée par Cicéron. On admet qu’elle a été codifiée par Saint Augustin (3). De nombreux théoriciens se sont préoccupés, après lui, d’en définir les contours, notamment Vitoria, Suarez, Saint Thomas d’Aquin, Grotius…

Plus près de nous, des auteurs comme Holmes Robert L., Michael Walzer (Just and injust War, 1977), Bertrand Lemennicier (La notion de guerre juste, Le Québec libre, 12 avril 2003), ont repris cette théorie, et ont tenté de la compléter, notamment sur le point de savoir si une guerre “préventive” peut prétendre être qualifiée de “juste”, ou si elle est injuste par nature.

Au moment où se préparent les invasions de 1488 et de 1491, les théologiens et les juristes savent parfaitement ce qu’est une guerre injuste. Nous allons voir que la connaissance qu’en ont les lettrés et les clercs du temps – en particulier les proches conseillers des princes -, est telle, que ce sont ces considérations de morale et de droit international qui, en plein Conseil royal, ont abouti, la Bretagne écrasée et détruite par les Français en 1488, à bénéficier d’un “sursis” de deux ans, jusqu’au coup fatal de 1491.

(Incidemment, on pourra lire un excellent chapitre de synthèse dans Philippe Contamine, professeur émérite d’histoire médiévale à la Sorbonne, sur les théories relatives à la guerre injuste: La guerre au moyen age, Paris, sixième édition, janvier 2003, pages 420 à 432, et 449 à 459).

La lecture des écrits de Saint Augustin permet d’affirmer que la théorie de la guerre juste est presque complète sous sa plume. Les auteurs très nombreux qui écrivent après lui ne font guère que préciser ou développer certains points. À partir du 14 ème siècle, l’édifice doctrinal mis en place par Augustin ne s’enrichit plus guère que de détails.

(1) Une guerre est dite juste lorsqu’elle remplit les conditions ci-après :

1 – Elle ne peut être déclarée que par l’autorité légitime, c’est-à-dire le Prince, celui qui détient tous les attributs de la souveraineté.

Les auteurs – presque toujours des clercs – n’ont pas tenté d’interdire la guerre. Celle-ci, disent-ils, est dans tous les cas un mal en soi, par les malheurs qu’elle engendre. Mais elle est parfois nécessaire, ne serait-ce que pour se défendre d’une invasion injuste.

Du moins doit-on en limiter l’usage le plus possible. La première restriction est d’en interdire l’usage aux particuliers. Quiconque dispose d’une armée – parce qu’il a les moyens financiers de lever des soldats et de les payer – n’est pas autorisé à faire la guerre pour s’approprier les biens et territoires d’autrui ; il peut seulement mettre ses troupes au service d’un souverain légitime….

À suivre :
Dans les articles suivants seront traités les procédés machiavéliques par lesquels la France va accuser le duc François II de faire la guerre au royaume, en conséquence, d’envahir ses États, de les mettre à feu et à sang, de détruire ses armées en juillet 1488 à Saint-Aubin-du-Cormier, et, fait ignoble, de contraindre ce malheureux prince, lui qui s’est défendu, à reconnaitre par le Traité de Sablé, qui le met à genoux, que c’est lui l’agresseur !
Sera exposé en détail le contenu d’une pièce capitale : le mémoire de l’invasion, rédigé par les conseillers d’Anne de Beaujeu trois années avant la guerre.

Louis Melennec

Louis Melennec est Docteur en droit et en médecine, Diplômé d’études approfondies d’histoire, Diplômé d’études supérieures de droit public, de droit privé, de droit pénal, Ancien chargé de cours des facultés de droit et de médecine, Ex Consultant près le Médiateur de la République Française, Ancien élève de la Sorbonne et de l’Ecole des Chartes de Paris.