Les exécutions de prêtres réfractaires en Morbihan (1793-1794)

Par les décrets des 11 et 12 Mars 1793, les insermentés, qui ne s’étaient pas livrés prisonniers ou avaient refusé l’exil, étaient susceptibles d’être condamnés à la peine de mort, de même que leurs receleurs. L’affaire la plus tristement célèbre est la noyade de 83 prêtres dans la Loire en Novembre, ordonnée par le représentant du peuple CARRIER.

Dans le Morbihan, le tribunal criminel, qui était l’un des plus cruels de l’Ouest, est établi dans l’Eglise de la Congrégation à Lorient. Julien François MINIER, arrêté fin 1793 à Limerzel, est le premier prêtre guillotiné place de la Révolution (actuelle Place Alsace-Lorraine), le 10 Janvier 1794. Dix autres seront exécutés cette année là à Lorient. Les accompagnent sur l’échafaud, pour les avoir aidés dans leur fuite, de nombreuses personnes, y compris des notables. Ainsi Joseph MAURICE, maire de Pluherlin est guillotiné pour avoir aidé Jean OLIVIER, prêtre de Quistinic (1). Pierre GIQUEL, maire de Saint Vincent-sur-Oust, est guillotiné avec Noël BRIEN, prêtre de Saint Maurice. Les femmes ne sont pas non plus épargnées: pas moins de cinq en 1794. La même année, Rochefort fait moins de victimes : 4 réfractaires pour le diocèse de Vannes !

Au total en Bretagne, une cinquantaine d’ecclésiastiques sera guillotinée ou fusillée d’Octobre 1793 à la fin de l’année suivante. Dans le Morbihan, il y en aura une vingtaine pendant toute la Révolution. A partir d’Avril 1794, une prime de 100 livres était accordée pour encourager la dénonciation !

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